TÉMOIGNAGE RÉUSSITE : DE LA RÉGION DE QUÉBEC

Bonjour,

Voici le témoignage d’une mère de la région de Québec qui nous a été transmis.

Je suis la maman d’un garçon de 7 ans, ayant un trouble développemental de la coordination au niveau moteur et visuel, ainsi qu’un TDAH avec impulsivité. Nous avons des difficultés au niveau des habiletés sociales, ainsi que de l’hyperactivité. Le TDAH étant très connu, je me disais seulement que mon fils faisait partie de cette catégorie de personnes présentant une intelligence créative. J’ai consulté son pédiatre,lorsqu’il avait 4 ans à ce sujet. Il préférait attendre le début de l’école pour intervenir au niveau de la médication, ce avec quoi j’étais en accord. Je me suis alors tournée vers le CLSC pour voir s’ils pouvaient aider à ce que mon fils ne reste pas en retrait lors de certaines de ses journées à la garderie.

Mon fils avait appris son alphabet et ses chiffres à la garderie, avant d’entrer à l’école primaire. Les évaluations faites à la garderie montraient que le dessin et la manipulation d’objet n’étaient pas sa force, mais il performait tout de même à d’autres niveaux. Les difficultés sociales s’expliquaient par son hyperactivité et son impulsivité. Tout semblait concorder.

Au début de la maternelle, mon fils suit quand même bien le niveau de son groupe. Il connait son alphabet et ses chiffres (mémorisés auparavant à la garderie), alors on pense que ses petites difficultés académiques ne sont qu’un léger retard par rapport à niveau. Il n’est pas capable de descendre les marches d’escalier en alternant les pieds, mais personne ne nous alerte à ce sujet. L’année de la maternelle nous a servie de période où nous avons testé diverses molécules pour le traitement du TDAH, puisque rappelons-le, à ce moment-là, nous ne suspectons qu’un TDAH avec impulsivité.

Bien que la médication aide, il semble que certaines difficultés demeurent. Je prends donc rendez-vous en neuropsychologie pour l’évaluation globale de mon enfant. Même si la rencontre se fait au privé, la liste d’attente est relativement longue et nous devons attendre notre tour. Entre temps, je prends de l’information sur les difficultés motrices. En faisant des recherches sur internet, je trouve un article parlant de la dyspraxie (TAC ou TDC) et j’y retrouve la description de mon enfant. Je prends alors rendez-vous pour une évaluation en ergothérapie.

Effectivement, suite à cette évaluation, mon fils semble présenter le portrait d’un enfant

dyspraxique (c’est le pédiatre qui confirmera le dx ultérieurement). L’ergothérapeute me réfère en optométrie développementale également.

Ne sachant pas ce qu’est l’évaluation en optométrie développementale ou l’évaluation visuo-perceptivo-moteur (VPM), je prends rendez-vous avec un optométriste près de la maison. Même si je demande à faire le test VPM lors de mon appel, la réceptionniste, ne sachant pas de quoi je parle, me donne un rendez-vous standard d’évaluation, sans poser de questions. Lors de l’examen, l’optométriste me réfère aussi pour une évaluation VPM. J’ai quand même eu de la chance, car elle savait que ça existait! Deux seuls endroits font ce test à Québec. Encore là, les délais existent. À ce moment, nous sommes rendus presque à noël et mon fils ne sait ni lire, ni écrire et à toujours de la difficulté à reconnaitre les lettres.

En janvier, mon fils passe le test visuo-perceptivo-moteur et il présente de très grandes lacunes au niveau des saccades, des poursuites et des fixations. Voilà, il ne peut tout simplement pas voir ce qu’on lui enseigne, malgré sa vue présentant une acuité parfaite. Il est passé sous le radar en maternelle, puisqu’il avait appris à réciter son alphabet et les chiffres. Avec le recul, j’ai compris qu’il ne les connaissait que de mémoire et ne faisait pas tous les liens avec leurs symboles. Une rééducation visuelle commença pour une durée de cinq mois. Les améliorations se sont vues seulement après deux mois de rééducation. À ce moment-là, nous étions rendus au mois de mars et sa première année était très avancée et très hypothéquée.

J’ai volontairement voulu que mon fils recommence sa première année, appuyée par les recommandations du neuropsychologue. Mon fils recommença sa première année. La rééducation visuelle étant terminée, il est enfin capable de suivre le rythme de la classe et il a de bons résultats académiques. Toute cette réussite est soutenue par un bon plan d’intervention et un personnel scolaire impliqué et informé. En classe, son matériel doit souvent être adapté visuellement (agrandi, épuré, surlignage).

La recette de la réussite d’un enfant dys est à la base un parent à l’écoute de son enfant et bien informé. Par la suite, il faut consulter les bons professionnels qui donneront les recommandations nécessaires au milieu scolaire. Le milieu scolaire doit également être bien formé et informé. Un enfant dys demande une plus grande implication et plus de temps de la part de l’enseignant. C’est plus facile, lorsque l’enseignant est intéressé, informé et ce sera souvent lui qui fera différent essaies-erreurs pour voir ce qui fonctionne avec l’enfant. Il est au centre de la réussite de l’enfant.

Finalement, il faut le soutien de la famille élargie qui doit comprendre les difficultés de l’enfant, ce qui n’est souvent pas le point le plus facile.