Dyspraxie visuo-spatiale (DVS) : Importance de la prise en charge pour la réussite scolaire – Témoignage d’un parent

Bonjour,

Je suis la maman d’un enfant de 12 ans ayant un TDC et des troubles visuo-spatiales sévères (en dessous de la courbe normale) et je désire vous partager mon histoire. Je le fais pour les enfants dyspraxiques, mais aussi dans l’espoir que les enfants ayant des troubles visuels non-résolues par les lunettes puissent avoir le plaisir de lire et d’apprendre.

Je vous dirais qu’il rayonne, mais cela n’a pas toujours été facile. J’ai appris la résilience, celle d’agir sur ce qui peut réellement changer la vie de mon enfant.

Il a donc un handicap important au niveau de ses gestes (sa motricité globale et fine) ainsi que le geste de son regard, combiné à un strabisme, hypotonie et hyperlaxité.

Le 7 juin 2016, il a été filmé pour le projet-pilote du Service suprarégional en déficience visuelle à l’école. Ce qui est en place pour mon fils qui est en classe régulière, car très vif d’esprit, est un modèle québécois.  La formation « Bien voir pour mieux comprendre » a été créée et est disponible dans toutes les écoles, gratuite, mais peu connue. L’équipe qui l’offre a été formée par le Dr Sylvie Chokkron de la France qui a créé la Batterie de test EVA permettant le dépistage des troubles visuo-attentionnels.

Ce mois-ci, les parents de notre Commission scolaire auront aussi accès à une formation sur les difficultés visuelles. Cette formation est un élément important qui lui permet aujourd’hui de recevoir des résultats d’examen en résolution de problèmes à 94% et 96%, d’excellents résultats en compréhension de texte et en écriture.

La dyspraxie visuo-spatiale (DVS) et l’école étant une combinaison de défi extrême, mon enfant avait alors de la difficulté à faire son travail à l’école, avec raisons, car il était en situation d’handicap et n’avait alors pas les outils. Comme bien des enfants, il ne veut qu’apprendre à l’école. Pour nous, il y a longtemps que le bricolage et l’éducation physique sont classés dans les catégories « sports extrêmes pour DVS », mais on en rit et il aime bien faire ses versions adaptées. Il sait qu’il est différent, intelligent, gourmand (un ado) qu’il a des passions, un humour décapant et qu’être différent ce n’est pas grave et ça n’empêche pas d’être cool.

La plupart des parents ont un défi à comprendre comment aider leurs enfants, surtout pour la scolarité, car chaque page scolaire est un défi en soi.

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Je vous partage mes observations avec le regard d’une maman, bien-sûr. Je vous partagerai 3 thèmes soit, ÉCRIRE, COMPTER, LIRE en présentant  des solutions.

 

ÉCRIRE À LA MAIN OU À L’ORDINATEUR

Les difficultés motrices étant évidentes, il a eu une technicienne en éducation spécialisée (TES) dès la maternelle et un ordinateur dès la 1ère année à l’école. Nous avons eu la chance d’avoir une excellente conseillère pédagogique en adaptation scolaire au niveau motricité qui supportait l’école.

Voici des exemples de défis au niveau de l’écriture et les solutions que nous avons adoptées :

  • Recopier des textes écrits au tableau était très difficile. 3 solutions ont aidé :
    1. Le logiciel branché sur son ordi et tableau interactif de la classe;
    2. Utilisez 2 fenêtres sur son ordi donc avec un seul plan visuel (il aime bien actuellement);
    3. Une feuille à côté de l’ordi pour recopier avec règle de lecture ou une feuille blanche pour suivre une à une les lignes à copier. Au besoin, une loupe en rectangle pour agrandir.
  • Relier les réponses était aussi un défi. Les surligner avec de la couleur ou déplacer les lignes déjà conçues par la TES ont aidé.
  • Pour faire une croix dans une case, la TES lui en prépare et il lui suffit de déplacer vers la bonne réponse. Il n’a donc pas à penser à son geste moteur de faire une croix et se concentre sur la réponse à sa question.

 

LIRE

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Mon enfant a toujours été un excellent lecteur (en fait, ça a camouflé le handicap réel) et il adore lire, c’est un privilège à lui offrir. Il a aussi amélioré son réflexe de lecture gauche-droite (sa rapidité) grâce aux exercices visuels chez l’optométriste. Avec des livres agrandis, des examens agrandis et épurés, des repères de couleur sur les paragraphes, cela aide. Son regard est guidé au besoin. Il a aussi un repère de couleur pour qu’il évite de sauter de questions d’examen. Je vous avoue que lorsqu’il sautait des numéros ou en fatigue visuelle, je voyais ses notes chutées. Il lit maintenant régulièrement sous format papier.

 

COMPTER

Afin de s’assurer de préserver les notions de calcul, 3 éléments ont été essentiels :

  • Ne plus l’obliger à démontrer par des dessins le dénombrement, mais utiliser du matériel physique car les difficultés visuelles créent l’erreur de calcul;
  • Apprendre à l’oral ses chiffres et méthodes de calcul;
  • Mémoriser l’ordre des « mille, centaine, dizaine, unité » par une chanson, donc une histoire;
  • Utilisez la grille de couleur du ruban Word du Cartable Fantastique agrandie à l’école et lors des examens;
  • Jouez à des jeux chez l’ergo afin de s’assurer que la notion d’espace sur une page des « mille, centaine, dizaine, unité » soit acquise.

En conclusion, je vous invite à partager afin que la formation visuelle et la dyspraxie visuo-spatiale soient mieux connues pour aider de plus en plus d’enfants. Voici le lien officiel de la formation visuelle où trouver les outils de dépistages visuels: http://sites.csdps.qc.ca/sssedv

 

Caroline Robidoux